Vivaldi et mes quatre saisons

VIVALDI ET MES QUATRE SAISONS


Je ne suis pas un grand connaisseur de la musique classique, mais j’apprécie pourtant les Quatre Saisons de Vivaldi. Peut-être est-ce lié à mon amour des saisons et de leurs métamorphoses. Nous avons, au pays, quatre saisons et de vraies saisons. Pas de simples soubresauts de soleil ni de longues saisons de pluie. Au Canada, nous pouvons nous vanter de connaître de véritables variations climatiques au fil des mois et, ce n’est rien pour me déplaire. 


Entrons dans le vif du sujet, puisque le temps de l'année dans lequel nous nous trouvons, est l’hiver. J’entretiens avec elle une relation amour-haine. Tout comme Dominique Michel il m’arrive de fredonner J'haïs l’hiver;  Maudit hiver : Les dents serrées, les mains gercées, les batteries à terre. C’est vrai qu’arrivé à février et, ne parlons même pas de mars, l’hiver n’en finit plus de finir. Ceci étant dit, je ne crois pas que je pourrais m’en passer. Au risque de me répéter, pour moi, l’hiver rime avec cocooning. Il m’offre un environnement chaleureux, confortable et douillet. Et pour en profiter, pas besoin de vols retardés ou annulés, d’aéroports bondés ou de valises perdues. Non, la destination du cocooning, c’est mon chez moi; mon “ che nous ”.


Mais vient un moment où assez, c’est assez, et où se profile l’arrivée du printemps. Ah! que de clichés sont associés à cette saison. Le printemps; saison de l’amour; le chant des oiseaux au petit matin, la lumière qui chasse la grisaille. Il y a un peu de vrai dans tout ça, bien sûr…jusqu’au jour où il neige durant le weekend de la fête de la Reine, à la fin mai. Que voulez-vous? Nous sommes au Canada. Malgré tout, le printemps demeure une fort belle saison. C’est d’ailleurs la préférée de ma conjointe. Parmi tous les superlatifs qu'elle énumère  à partir du 21 mars, celui qui me marque le plus est ce vert tendre des jeunes pousses qu’elle admire au début  juin. 


Puis vient l’été. L'incontournable été. Chaleur et lumière; ambiance festive et joyeuse;  le plus attendu et, paradoxalement, le plus nostalgique.  Pour moi, c’est la saison des retrouvailles. Tout jeune, à la maison, c’était la joie quand mes frères et sœurs, partis vivre au loin, revenaient au bercail le temps d’une vacance, le temps d’un été. Aujourd’hui, je retrouve cette même effervescence lorsque mes enfants reviennent dans ma maison, devenue à son tour maison familiale. Séjours trop courts, mais ô  combien appréciés. Ils ne sont pas encore  repartis que je compte le temps pour leur prochain retour. 


L’automne est une saison intermédiaire, à la fois prolongement de l’été et prélude à l’hiver.  J’ai vu neiger abondamment en octobre, tout comme j’ai profité de l’été indien en novembre. C'est ma saison préférée. Sans doute à cause de la lumière, si particulière en septembre. Incontestablement aussi pour les couleurs flamboyantes que la nature nous offre, mais également parce qu'une certaine lenteur s’installe dans notre quotidien. Et, en bon épicurien,  je peux enfin me permettre de cuisiner de longs et savoureux  braisés.  


En terminant ce texte, j’écoute Vivaldi. Naturellement, j’en suis naturellement à l’hiver. Le printemps suivra. Comme dans la musique, il sera la prochaine saison. J’anticipe déjà le moment où mon amoureuse me conviera à admirer le vert naissant chez nos arbres, dans la cour arrière. Et je me permettrai alors, peut-être, d’écouter pour une énième fois Vivaldi.  


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