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Débat

DÉBAT Ma dernière chronique portait sur l’esprit critique et, plus particulièrement, la manière dont il se manifeste en Acadie. Je me permets de faire du pouce sur ce texte en abordant le sujet du débat dont l’esprit critique est une qualité intrinsèque. Le débat est un échange d’arguments entre des personnes aux opinions différentes. Débattre des idées n’implique pas l’affrontement entre deux personnes mais plutôt la confrontation d’arguments. Sa condition sine qua non est l’écoute active ainsi que le respect entre les participants. En somme, c’est un exercice intellectuel fondé sur la raison et le respect avec une volonté d’éclairer une question.  À mon point de vue, les champions débatteurs sont les Français parce que, pour eux, le désaccord est un sport national. Dans cette perspective, convaincre et comprendre est un plaisir et cela parfois pendant longtemps. Si les Français sont passés maître dans l'art du débat, c’est en partie parce que la divergence fait partie de leur cul...

Sommes-nous trop gentils...ou pas?

SOMMES-NOUS TROP GENTILS…OU PAS? Avez-vous remarqué qu'ici, en Acadie, nous sommes généreux avec les ovations? La chanteuse a beau fausser, le comédien oublier ses répliques, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous lever debout à la fin d’un spectacle pour applaudir à tout rompre. Le moins que l’on puisse dire est que l’esprit critique ne fait pas partie de l’ADN des Acadiens. Nous n’avons pas pour habitude d’analyser et critiquer une information ou une situation, pas plus que de remettre en question des idées reçues sans preuve, en distinguant les faits des opinions. Pourquoi avons-nous autant de difficultés à nous forger une opinion éclairée et argumentée? Ma question manque sans doute de nuance, car ici, comme dans toute société, l’esprit critique varie selon les individus et les conditions sociales. Cela étant dit, certains facteurs propres à  l’Acadie ont pu freiner, au fil des ans, pour ne pas dire des siècles, l’expression publique de l’esprit critique. Reportons-nous à la...

Un gars de " char "

UN GARS DE “ CHAR ” D’entrée de jeu, je tiens à m’excuser auprès des écologistes qui militent pour la réduction des GES. Je me confesse : je suis un gars de “ char ”. Mais, pour ma défense, j’aime aussi les vélos. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une admiration, pour ne pas dire une passion, pour les automobiles. Ce n’est pas tant la mécanique qui m’a séduit, mais plutôt l’esthétique et le design de voitures neuves ou anciennes. C’est peut-être aussi les symboles de liberté, d’autonomie et de voyage qu’elle représente à mes yeux.  J’ai obtenu mon permis de conduire le jour de mon anniversaire à l'âge de 16 ans. Depuis, j'ai eu en ma possession 19 véhicules à moteur. Chaque origine m’a appris quelque chose sur mes attentes comme conducteur. J'ai vécu de grandes déceptions avec les américaines, principalement à cause de leur qualité inégale. J’ai alors fait comme bon nombre de consommateurs déçus et je me suis tourné vers les japonaises. Celles-ci ne m'ont...

Il y a de ces mots...

IL Y A DE CES MOTS… Il y a de ces mots qui nous arrivent sans trop que l’on sache trop pourquoi ni comment. Ce sont des mots qui me fascinent, parce qu’ils façonnent, d‘une certaine façon, notre rapport à la société. Comment ne pas avoir en mémoire les réseaux sociaux, la cyberdépendance, l’influenceur, la cancel culture, le wokisme, les fake news, la crise climatique, l’écoanxiété et la pandémie qui, chacun à leur façon, reflètent les transformations technologiques, sociales, culturelles et politiques de ce quart de siècle? Vous souvenez-vous du fameux mot “ostentatoire”,  que l’on entendait à répétition au Québec dans les années 2000? Il désignait ce qui est ostensiblement visible, notamment les signes religieux, et s’est imposé dans le débat public à la suite des travaux de la Commission Bouchard-Taylor, créée en 2007. À chaque année, de nouveaux mots ou d’anciens reviennent populaires à nos oreilles. En 2025,  des mots de l’année ont été choisis par plusieurs dictionnaires...

Soir d'hiver

SOIR D’HIVER Dans notre petite famille, nous avons pour coutume de réciter les premiers vers du poème Soir d’hiver d’Émile Nelligan lors des premières neiges ou pendant une grosse tempête hivernale : Ah! comme la neige a neigé!  Ma vitre est un jardin de givre!  Ah! comme la neige a neigé!  Qu’est-ce que le spasme de vivre À la douleur que j’ai, que j’ai! Il n’y a rien de dramatique dans notre déclamation, bien au contraire. C’est en quelque sorte une ode à l’hiver. C’est notre manière à nous de saluer l'arrivée de cette saison ou de montrer notre respect pour la nature qui se déchaîne en plein mois de février. J’éprouve une certaine ambivalence à l’égard de la neige et de l’hiver en général. D’un côté, ce temps de l’année peut être réconfortant;  de l’autre, il peut créer de réels problèmes.  Disons qu’après le mois de novembre, l'arrivée de la neige nous procure un certain soulagement, puisqu'elle transforme la grisaille en un décor lumineux. Quoi de mieux que...

Où sont passées les années '90

OÙ SONT PASSÉES LES ANNÉES ‘90 Il y eut le 11 septembre et ce fut la fin. La fin d’une époque, la fin d’une décennie que je considère comme la meilleure de ma vie d’adulte, celle de ma trentaine qui correspond aux années 1990. C’est sans doute la raison pour laquelle j’apprécie tellement cette tranche d’âge. Un âge dont les vingtenaires se méfient, dont les trentenaires ne savent pas encore apprécier la juste valeur et duquel ceux qui ont dépassé 30 ans s’en ennuient. Ma trentaine m’a offert la stabilité sur le plan personnel et une plus grande confiance en moi. C’était le temps des possibles, de l’optimisme et des expériences communes. On croyait peut-être naïvement à la paix, mais on y croyait et on écoutait Jean Leloup chanter En 1990.  Les années ‘90 correspondent à une période de paix. Je fus le spectateur de la chute du mur de Berlin et du démantèlement du bloc soviétique. Nous vivions une époque de stabilité entre les grandes puissances avec une impression d’optimisme géopol...

Me faufiler chez les Gen Z et les Alpha

ME FAUFILER CHEZ LES GEN Z ET LES ALPHA Je suis de la génération des Baby-Boomers. De celles et de ceux qui sont nés après la Seconde Guerre mondiale, soit de 1946 à 1964. Nous avons grandi, pour la plupart, durant une période de prospérité et d’optimisme. Pour le Québec, ce fut la révolution tranquille, tandis qu’au Nouveau-Brunswick, le programme Chance égale a permis aux Acadiennes et aux Acadiens de bénéficier de réformes sociales sans précédent. Cette époque fut marquée par de grands changements sociaux tels que la montée du mouvement féministe, l’écologie naissante et l’apparition des droits civiques. Le travail, la stabilité, la loyauté et la sécurité financière sont à bien des égards des valeurs qui ont su guider nos actions.  Quatre générations me suivent. D’abord la génération X, née entre 1965 et 1980 et la génération Y, connue aussi comme les Milléniaux, née entre 1981 à 1996. Je connais assez bien ces deux tranches générationnelles pour les avoir côtoyées tant sur le p...