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Liberté, quand tu nous tiens

LIBERTÉ, QUAND TU NOUS TIENS Lorsqu’on me demande ce que j’apprécie le plus depuis que je suis à la retraite, je réponds spontanément : la liberté. Ah! « Liberté, quand tu nous tiens… ». Cette expression est inspirée de celle popularisée par Jean de La Fontaine « Amour, amour, quand tu nous tiens ». Il n’est donc pas étonnant que l’on associe la liberté à l’amour. Tant l'un  que l’autre sont liés à l’engagement face à un besoin fondamental.  Qui de mieux qu’une personne détenue pour évoquer cet amalgame? J’ai récemment capté à la télévision une dame qui sortait de prison. À la question « Qu’est-ce que l’amour? », elle répondit qu’elle le retrouvait  « dans le premier regard de la première personne qui te regarde comme une personne libre ». Voilà une définition bouleversante. Pourtant tout n’est pas dit. La liberté peut signifier tant de choses à la fois. Est-ce quelque chose que l’on reçoit ou que l’on conquiert? Pour James Baldwin, « la lib...

L'apprentissage...encore

L’APPRENTISSAGE…ENCORE Ma dernière chronique, qui traitait de  l’apprentissage, m’a permis de renouer avec un univers dans lequel j’ai évolué pendant près de 40. Cela m’a fait du bien. C’est donc dans la continuité de ce texte que je me permets d'aborder aujourd’hui l'éducation des adultes, ou andragogie.  Enseigner aux adultes m'a d'abord et avant tout fait apprendre. Car, oui, il n’y a pas de meilleure façon d’apprendre que d’enseigner. Cette carrière m’a également fait vivre des expériences marquantes, de rencontrer des personnes inspirantes et de voyager dans des lieux aussi éloignés que l’Afrique et le Brésil. Plus qu’un métier, ce fut une école de vie. Je me permets donc de reprendre, pour un instant, mon rôle de professeur (parce que oui, quand on enseigne on joue un rôle) afin de proposer quelques définitions. L’éducation des adultes désigne l’ensemble des processus d’apprentissage, formels ou informels, destinés aux personnes ayant dépassé l’âge de la scolarité...

Le royaume du pouvoir

LE ROYAUME DU POUVOIR “ L’apprentissage est le royaume du pouvoir. Non pas du pouvoir qui fait trembler l’autre et le réduit à une sorte d’esclavage, mais de celui qui assure un commerce heureux avec la réalité ”. C’est ce qu'avançait Colette Dufresne-Tassé dans son ouvrage L’apprentissage adulte. Essai de définition. Bien que cette citation date de 1981, elle m’est restée en tête tout au long de ma vie d’adulte et elle est devenue, en quelque sorte, le leitmotiv dans ma carrière en éducation. Si l’Acadie a connu une certaine évolution et a réussi à s’émanciper des dominations politiques et économiques du milieu anglophone, c’est bien grâce  au pouvoir que des  personnes ont acquis par l'apprentissage. Ces individus sont ceux qui ont accédé à des professions libérales, bien sûr, mais également ceux qui ont développé des compétences en formation technique et professionnelle. N’oublions pas non plus ces Acadiennes et Acadiens qui, restés trop longtemps muets, ont trouvé dans l’...

Assumés et heureux

ASSUMÉS ET HEUREUX Depuis que j'ai entrepris la rédaction de mes chroniques, j’ai abordé à quelques reprises le phénomène du vieillissement. Que ce soit par le plaisir d’avancer en âge ou par la question de  l’âgisme, j’ai toujours tenté de faire ressortir le côté positif du passage du temps. Un de mes bons amis m’a fait parvenir récemment une vidéo de Boris Cyrulnik intitulée Six vérités brutales sur la vieillesse à accepter pour vivre heureux . En rédigeant ce texte, je lui retourne aujourd’hui la gentillesse en agissant envers lui comme il a agi envers moi,  afin qu’à son tour, il en fasse une relecture.  Un mot d’abord sur l’auteur de cette vidéo. Boris Cyrulnik est né en 1937 à Bordeaux. Il est neuropsychiatre et un auteur reconnu en France. Il a notamment vulgarisé le concept de “résilience ”. Il est également reconnu pour son engagement envers la protection de la nature. Sa première vérité porte sur l’acceptation d’un corps vieillissant, plutôt que de s'épuiser à a...

Vivaldi et mes quatre saisons

VIVALDI ET MES QUATRE SAISONS Je ne suis pas un grand connaisseur de la musique classique, mais j’apprécie pourtant les Quatre Saisons de Vivaldi. Peut-être est-ce lié à mon amour des saisons et de leurs métamorphoses. Nous avons, au pays, quatre saisons et de vraies saisons. Pas de simples soubresauts de soleil ni de longues saisons de pluie. Au Canada, nous pouvons nous vanter de connaître de véritables variations climatiques au fil des mois et, ce n’est rien pour me déplaire.  Entrons dans le vif du sujet, puisque le temps de l'année dans lequel nous nous trouvons, est l’hiver. J’entretiens avec elle une relation amour-haine. Tout comme Dominique Michel il m’arrive de fredonner J'haïs l’hiver;  Maudit hiver : Les dents serrées, les mains gercées, les batteries à terre. C’est vrai qu’arrivé à février et, ne parlons même pas de mars, l’hiver n’en finit plus de finir. Ceci étant dit, je ne crois pas que je pourrais m’en passer. Au risque de me répéter, pour moi, l’hiver rime a...

Débat

DÉBAT Ma dernière chronique portait sur l’esprit critique et, plus particulièrement, la manière dont il se manifeste en Acadie. Je me permets de faire du pouce sur ce texte en abordant le sujet du débat dont l’esprit critique est une qualité intrinsèque. Le débat est un échange d’arguments entre des personnes aux opinions différentes. Débattre des idées n’implique pas l’affrontement entre deux personnes mais plutôt la confrontation d’arguments. Sa condition sine qua non est l’écoute active ainsi que le respect entre les participants. En somme, c’est un exercice intellectuel fondé sur la raison et le respect avec une volonté d’éclairer une question.  À mon point de vue, les champions débatteurs sont les Français parce que, pour eux, le désaccord est un sport national. Dans cette perspective, convaincre et comprendre est un plaisir et cela parfois pendant longtemps. Si les Français sont passés maître dans l'art du débat, c’est en partie parce que la divergence fait partie de leur cul...

Sommes-nous trop gentils...ou pas?

SOMMES-NOUS TROP GENTILS…OU PAS? Avez-vous remarqué qu'ici, en Acadie, nous sommes généreux avec les ovations? La chanteuse a beau fausser, le comédien oublier ses répliques, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous lever debout à la fin d’un spectacle pour applaudir à tout rompre. Le moins que l’on puisse dire est que l’esprit critique ne fait pas partie de l’ADN des Acadiens. Nous n’avons pas pour habitude d’analyser et critiquer une information ou une situation, pas plus que de remettre en question des idées reçues sans preuve, en distinguant les faits des opinions. Pourquoi avons-nous autant de difficultés à nous forger une opinion éclairée et argumentée? Ma question manque sans doute de nuance, car ici, comme dans toute société, l’esprit critique varie selon les individus et les conditions sociales. Cela étant dit, certains facteurs propres à  l’Acadie ont pu freiner, au fil des ans, pour ne pas dire des siècles, l’expression publique de l’esprit critique. Reportons-nous à la...