Articles

Assumés et heureux

ASSUMÉS ET HEUREUX Depuis que j'ai entrepris la rédaction de mes chroniques, j’ai abordé à quelques reprises le phénomène du vieillissement. Que ce soit par le plaisir d’avancer en âge ou par la question de  l’âgisme, j’ai toujours tenté de faire ressortir le côté positif du passage du temps. Un de mes bons amis m’a fait parvenir récemment une vidéo de Boris Cyrulnik intitulée Six vérités brutales sur la vieillesse à accepter pour vivre heureux . En rédigeant ce texte, je lui retourne aujourd’hui la gentillesse en agissant envers lui comme il a agi envers moi,  afin qu’à son tour, il en fasse une relecture.  Un mot d’abord sur l’auteur de cette vidéo. Boris Cyrulnik est né en 1937 à Bordeaux. Il est neuropsychiatre et un auteur reconnu en France. Il a notamment vulgarisé le concept de “résilience ”. Il est également reconnu pour son engagement envers la protection de la nature. Sa première vérité porte sur l’acceptation d’un corps vieillissant, plutôt que de s'épuiser à a...

Vivaldi et mes quatre saisons

VIVALDI ET MES QUATRE SAISONS Je ne suis pas un grand connaisseur de la musique classique, mais j’apprécie pourtant les Quatre Saisons de Vivaldi. Peut-être est-ce lié à mon amour des saisons et de leurs métamorphoses. Nous avons, au pays, quatre saisons et de vraies saisons. Pas de simples soubresauts de soleil ni de longues saisons de pluie. Au Canada, nous pouvons nous vanter de connaître de véritables variations climatiques au fil des mois et, ce n’est rien pour me déplaire.  Entrons dans le vif du sujet, puisque le temps de l'année dans lequel nous nous trouvons, est l’hiver. J’entretiens avec elle une relation amour-haine. Tout comme Dominique Michel il m’arrive de fredonner J'haïs l’hiver;  Maudit hiver : Les dents serrées, les mains gercées, les batteries à terre. C’est vrai qu’arrivé à février et, ne parlons même pas de mars, l’hiver n’en finit plus de finir. Ceci étant dit, je ne crois pas que je pourrais m’en passer. Au risque de me répéter, pour moi, l’hiver rime a...

Débat

DÉBAT Ma dernière chronique portait sur l’esprit critique et, plus particulièrement, la manière dont il se manifeste en Acadie. Je me permets de faire du pouce sur ce texte en abordant le sujet du débat dont l’esprit critique est une qualité intrinsèque. Le débat est un échange d’arguments entre des personnes aux opinions différentes. Débattre des idées n’implique pas l’affrontement entre deux personnes mais plutôt la confrontation d’arguments. Sa condition sine qua non est l’écoute active ainsi que le respect entre les participants. En somme, c’est un exercice intellectuel fondé sur la raison et le respect avec une volonté d’éclairer une question.  À mon point de vue, les champions débatteurs sont les Français parce que, pour eux, le désaccord est un sport national. Dans cette perspective, convaincre et comprendre est un plaisir et cela parfois pendant longtemps. Si les Français sont passés maître dans l'art du débat, c’est en partie parce que la divergence fait partie de leur cul...

Sommes-nous trop gentils...ou pas?

SOMMES-NOUS TROP GENTILS…OU PAS? Avez-vous remarqué qu'ici, en Acadie, nous sommes généreux avec les ovations? La chanteuse a beau fausser, le comédien oublier ses répliques, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous lever debout à la fin d’un spectacle pour applaudir à tout rompre. Le moins que l’on puisse dire est que l’esprit critique ne fait pas partie de l’ADN des Acadiens. Nous n’avons pas pour habitude d’analyser et critiquer une information ou une situation, pas plus que de remettre en question des idées reçues sans preuve, en distinguant les faits des opinions. Pourquoi avons-nous autant de difficultés à nous forger une opinion éclairée et argumentée? Ma question manque sans doute de nuance, car ici, comme dans toute société, l’esprit critique varie selon les individus et les conditions sociales. Cela étant dit, certains facteurs propres à  l’Acadie ont pu freiner, au fil des ans, pour ne pas dire des siècles, l’expression publique de l’esprit critique. Reportons-nous à la...

Un gars de " char "

UN GARS DE “ CHAR ” D’entrée de jeu, je tiens à m’excuser auprès des écologistes qui militent pour la réduction des GES. Je me confesse : je suis un gars de “ char ”. Mais, pour ma défense, j’aime aussi les vélos. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une admiration, pour ne pas dire une passion, pour les automobiles. Ce n’est pas tant la mécanique qui m’a séduit, mais plutôt l’esthétique et le design de voitures neuves ou anciennes. C’est peut-être aussi les symboles de liberté, d’autonomie et de voyage qu’elle représente à mes yeux.  J’ai obtenu mon permis de conduire le jour de mon anniversaire à l'âge de 16 ans. Depuis, j'ai eu en ma possession 19 véhicules à moteur. Chaque origine m’a appris quelque chose sur mes attentes comme conducteur. J'ai vécu de grandes déceptions avec les américaines, principalement à cause de leur qualité inégale. J’ai alors fait comme bon nombre de consommateurs déçus et je me suis tourné vers les japonaises. Celles-ci ne m'ont...

Il y a de ces mots...

IL Y A DE CES MOTS… Il y a de ces mots qui nous arrivent sans trop que l’on sache trop pourquoi ni comment. Ce sont des mots qui me fascinent, parce qu’ils façonnent, d‘une certaine façon, notre rapport à la société. Comment ne pas avoir en mémoire les réseaux sociaux, la cyberdépendance, l’influenceur, la cancel culture, le wokisme, les fake news, la crise climatique, l’écoanxiété et la pandémie qui, chacun à leur façon, reflètent les transformations technologiques, sociales, culturelles et politiques de ce quart de siècle? Vous souvenez-vous du fameux mot “ostentatoire”,  que l’on entendait à répétition au Québec dans les années 2000? Il désignait ce qui est ostensiblement visible, notamment les signes religieux, et s’est imposé dans le débat public à la suite des travaux de la Commission Bouchard-Taylor, créée en 2007. À chaque année, de nouveaux mots ou d’anciens reviennent populaires à nos oreilles. En 2025,  des mots de l’année ont été choisis par plusieurs dictionnaires...

Soir d'hiver

SOIR D’HIVER Dans notre petite famille, nous avons pour coutume de réciter les premiers vers du poème Soir d’hiver d’Émile Nelligan lors des premières neiges ou pendant une grosse tempête hivernale : Ah! comme la neige a neigé!  Ma vitre est un jardin de givre!  Ah! comme la neige a neigé!  Qu’est-ce que le spasme de vivre À la douleur que j’ai, que j’ai! Il n’y a rien de dramatique dans notre déclamation, bien au contraire. C’est en quelque sorte une ode à l’hiver. C’est notre manière à nous de saluer l'arrivée de cette saison ou de montrer notre respect pour la nature qui se déchaîne en plein mois de février. J’éprouve une certaine ambivalence à l’égard de la neige et de l’hiver en général. D’un côté, ce temps de l’année peut être réconfortant;  de l’autre, il peut créer de réels problèmes.  Disons qu’après le mois de novembre, l'arrivée de la neige nous procure un certain soulagement, puisqu'elle transforme la grisaille en un décor lumineux. Quoi de mieux que...