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Affichage des articles du novembre, 2025

Soir d'hiver

SOIR D’HIVER Dans notre petite famille, nous avons pour coutume de réciter les premiers vers du poème Soir d’hiver d’Émile Nelligan lors des premières neiges ou pendant une grosse tempête hivernale : Ah! comme la neige a neigé!  Ma vitre est un jardin de givre!  Ah! comme la neige a neigé!  Qu’est-ce que le spasme de vivre À la douleur que j’ai, que j’ai! Il n’y a rien de dramatique dans notre déclamation, bien au contraire. C’est en quelque sorte une ode à l’hiver. C’est notre manière à nous de saluer l'arrivée de cette saison ou de montrer notre respect pour la nature qui se déchaîne en plein mois de février. J’éprouve une certaine ambivalence à l’égard de la neige et de l’hiver en général. D’un côté, ce temps de l’année peut être réconfortant;  de l’autre, il peut créer de réels problèmes.  Disons qu’après le mois de novembre, l'arrivée de la neige nous procure un certain soulagement, puisqu'elle transforme la grisaille en un décor lumineux. Quoi de mieux que...

Où sont passées les années '90

OÙ SONT PASSÉES LES ANNÉES ‘90 Il y eut le 11 septembre et ce fut la fin. La fin d’une époque, la fin d’une décennie que je considère comme la meilleure de ma vie d’adulte, celle de ma trentaine qui correspond aux années 1990. C’est sans doute la raison pour laquelle j’apprécie tellement cette tranche d’âge. Un âge dont les vingtenaires se méfient, dont les trentenaires ne savent pas encore apprécier la juste valeur et duquel ceux qui ont dépassé 30 ans s’en ennuient. Ma trentaine m’a offert la stabilité sur le plan personnel et une plus grande confiance en moi. C’était le temps des possibles, de l’optimisme et des expériences communes. On croyait peut-être naïvement à la paix, mais on y croyait et on écoutait Jean Leloup chanter En 1990.  Les années ‘90 correspondent à une période de paix. Je fus le spectateur de la chute du mur de Berlin et du démantèlement du bloc soviétique. Nous vivions une époque de stabilité entre les grandes puissances avec une impression d’optimisme géopol...

Me faufiler chez les Gen Z et les Alpha

ME FAUFILER CHEZ LES GEN Z ET LES ALPHA Je suis de la génération des Baby-Boomers. De celles et de ceux qui sont nés après la Seconde Guerre mondiale, soit de 1946 à 1964. Nous avons grandi, pour la plupart, durant une période de prospérité et d’optimisme. Pour le Québec, ce fut la révolution tranquille, tandis qu’au Nouveau-Brunswick, le programme Chance égale a permis aux Acadiennes et aux Acadiens de bénéficier de réformes sociales sans précédent. Cette époque fut marquée par de grands changements sociaux tels que la montée du mouvement féministe, l’écologie naissante et l’apparition des droits civiques. Le travail, la stabilité, la loyauté et la sécurité financière sont à bien des égards des valeurs qui ont su guider nos actions.  Quatre générations me suivent. D’abord la génération X, née entre 1965 et 1980 et la génération Y, connue aussi comme les Milléniaux, née entre 1981 à 1996. Je connais assez bien ces deux tranches générationnelles pour les avoir côtoyées tant sur le p...

En attendant des géants ou des géantes

EN ATTENDANT DES GÉANTS OU DES GÉANTES Ne nous faisons pas d’illusion. Nous nous dirigeons vers un mur. Malheureusement, nos sociétés semblent basculer vers l’oppression, le totalitarisme, et l’absence de liberté. Le réchauffement climatique, la surpopulation mondiale, la pauvreté et les inégalités, la montée de l’extrême droite, les conflits armés, les cyber-attaques, et j’en passe, sont autant d’exemples qui font en sorte que ce mur nous l’avons peut-être déjà frappé. Mais gardons espoir. Des calamités émergent des géants. Des géants qui, avec leur force de caractère, transforment les défaites en victoires. Je garde espoir de voir un jour arriver de ces géants. Des  Franklin Delano Roosevelt (FDR), des Winston Churchill, des Mahatma Gandhi, des Simone Veil et pourquoi pas, à notre échelle, des Louis J. Robichaud des temps modernes qui serviront de rempart  à la dérive des Trump, Poutine, Netanyahu et  Kim Jong-un de ce monde. S’il y a une chose que l’histoire m’a appris...

Mon unicité

MON UNICITÉ Au début de sa carrière, quelqu’un compara Céline Dion à Barbara Streisand. Malgré la très grande notoriété de Streisand, René Angélil signifia son désaccord face à cette comparaison en pointant du doigt la singularité du talent de sa protégée en ce sens que, dans son genre, elle était unique. L’histoire lui donna raison et on connaît la suite par rapport à la popularité de Céline. Loin de moi l’idée de me comparer avec Céline Dion, mais j’ai tendance à être d’accord avec M. Angélil face à la comparaison d’un individu par rapport à un autre. C’est ce qui m’amène aujourd’hui à exprimer haut et fort mon unicité. Lorsqu’on se compare aux autres, on se réfère nécessairement à une norme. Mais qu’est-ce donc qu’être normal? J’ai beaucoup de difficultés avec cet adjectif. C’est quoi la normalité? Normal par rapport à quoi, normal par rapport à qui? On définit “ normal ” comme “ ce qui est conforme à une  moyenne considérée comme une norme ”. Et on définit “ norme ” comme “ un ...