Plaisirs de la table
PLAISIRS DE LA TABLE
Félix Leclerc avait coutume de dire que “ Le bonheur c’est une bonne table et des coudes qui se touchent “. J’ai tendance à être d’accord avec lui. Bien boire et bien manger font partie des plaisirs de la vie. Et lorsque ces plaisirs sont agrémentés par des conversations animées entre amis ou entre membres de la famille, alors on peut vraiment parler de bonheur. Et que dire des soupers à la chandelle. Ce plaisir ne s’applique pas uniquement à la participation au repas. C’est aussi dans sa préparation que règne le bonheur parce que l’on est dans l’expectative des bons moments à venir. En définitive, le plaisir de la table c’est d’être ensemble afin de partager des parcelles de vie, heureuses ou tristes, mais toujours signifiantes.
Il faut remonter au Moyen-Âge pour retracer l’origine de la table telle qu’on la connaît aujourd’hui. Auparavant, elle brillait par son absence tant chez les Grecs que chez les Romains. On discerne ses heures de gloire sous le règne de Louis XIV pour ensuite connaître un début de démocratisation au XVIIIe et XIXe siècle en faisant son apparition dans les propriétés bourgeoises. Le plaisir de la table est universel mais il se manifeste différemment, dépendamment des cultures et des époques. On ne peut dissocier cet état d’avec la gastronomie. Au Canada, la cuisine traditionnelle du côté anglophone s’apparente aux britanniques, tandis que le Canada français tire ses origines culinaires de la cuisine française. C’est d'ailleurs au 19e siècle qu'apparut en France l’expression “ science du goût - appétit est récompensé par le plaisir ” que l’on attribue au gastronome français Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826) dans Psychologie du goût .
De toute évidence, la France est reconnue pour sa gastronomie. Elle exerce un certain chauvinisme par rapport à son art de la table, mais avec le repas gastronomique à la française et ses rituels qui sont inscrits au patrimoine culturel de l’UNESCO, elle a toutes les raisons de l’être. La France n’a cependant pas le monopole de la gastronomie. Citons en exemples le Japon, la Thaïlande, l’Espagne, la Chine et l’Inde qui ont, à leur manière, maîtrisé l’art du bon goût et de la bonne chair. Pour ma part, j’ai un préjugé favorable pour le Maroc. J’ai eu l’infime bonheur de m’y rendre à quelques reprises et d’y avoir découvert leur art culinaire. Le Maroc est l’une des plus vieilles monarchies du monde puisque son Royaume est ancestral depuis 789. On m’a raconté que la réputation de sa bonne table vient du fait que lorsque le monarque se déplaçait dans le pays, ses sujets faisaient preuve de créativité et de raffinement dans la préparation de repas afin d’impressionner la cour.
S’adonner aux plaisirs de la table est un des derniers remparts face au déplaisir et à la rectitude. Abus et excès y sont permis. En bon partisan du plaisir, je suis un adepte de l'insouciance du moment qui se crée à table lorsque le repas est partagé en bonne compagnie parce qu’après tout, le bonheur ne dépend pas de la raison. Comme le dit si bien un proverbe espagnol “ À qui ne fume ni ne boit de vin, le diable se présente par un autre chemin ”.
Il n’y a rien comme une bonne tarte au saumon partagée à table.
RépondreSupprimerC’est du patrimoine familial
RépondreSupprimerEn fait, c’est surtout la jasette à ta table que j’aime bien 😉
RépondreSupprimerOui, surtout une jasette en ta bonne compagnie Denise
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