Articles

Affichage des articles du mars, 2026

Empathie, entre idéal et pratique

EMPATHIE, ENTRE IDÉAL ET PRATIQUE Parfois, pour mieux comprendre un phénomène, il s'agit d’observer son contraire. Dans La Presse du 22 mars 2026, on rapportait que le président états-unien se réjouissait de la mort de Robert Mueller, ancien procureur spécial, en ces mots : “ Robert Mueller vient de mourir. Bien. Je suis content qu'il soit mort ”. Le premier mot qui nous vient à l'esprit pour exprimer le contraire de ce qu'on a lu est, bien entendu, l' empathie. Mais qu’entend-on par empathie. Disons, de façon simple, qu’il s’agit de la capacité à ressentir ce que vit l’autre, tout en maintenant une distinction entre soi et lui. Une compétence à la fois émotionnelle et relationnelle, que l’on peut observer et, dans une certaine mesure, développer. L’empathie est dans l’air du temps et, pour cause, je vous conseille la série québécoise Empathie qui a connu un très grand succès l’an dernier, ici comme à l’international, et a remporté le Prix du public au Festival Sé...

De la salle de classe au bureau

DE LA SALLE DE CLASSE AU BUREAU Dans ma carrière, deux fonctions, pour ne pas dire deux passions, ont occupé mon espace professionnel: l’enseignement et la gestion. Toutes deux m'ont apporté leur part de défis et de déceptions, mais aussi leur lot de satisfactions, voire de véritables gratifications.  Lorsque j’enseignais, j’avais l’habitude de dire que mon rôle consistait essentiellement à créer des conditions propices à l’apprentissage. De façon parallèle, en tant que gestionnaire, je soutenais qu’il m’incombait de créer un environnement facilitant  l'exécution des tâches de mes employés. Autrement dit, les fonctions de la gestion, soit la planification, l’organisation, la direction et le contrôle, trouvent un écho dans celles de l’enseignement. Commençons par la planification. Il s’agit d’une étape fondamentale, puisqu’elle consiste à définir les objectifs à atteindre. Ceux-ci doivent être mesurables, réalistes, atteignables et, surtout, partagés par les personnes concernée...

Du temps des lettres au temps des clics

DU TEMPS DES LETTRES AU TEMPS DES CLICS Je fais partie de la génération qui peut témoigner de l’ère numérique qui a tué la correspondance. J’ai parfois la nostalgie des échanges épistolaires. Je pense à l'époque où j'entreprenais une correspondance qui me mettais dans l’expectative de recevoir du courrier. Le temps où je guettais le facteur dans l’espoir qu’il dépose une lettre dans la boîte aux lettres. J’ai connu le téléphone à cadran, les notes manuscrites, les encyclopédies…puis vinrent l'Internet, les moteurs de recherche et plus récemment, l’intelligence artificielle. Avons-nous simplement changé d’outils de communication ou est-ce notre rapport au monde qui s’est transformé? Une chose est certaine, notre rythme de vie a radicalement changé. À mon avis, l’époque  d’avant le numérique nous permettait d’aller davantage en profondeur dans notre recherche d’information. Nous avions le luxe d’avoir le temps d’approfondir des questions et de vérifier l’information à partir ...

Liberté, quand tu nous tiens

LIBERTÉ, QUAND TU NOUS TIENS Lorsqu’on me demande ce que j’apprécie le plus depuis que je suis à la retraite, je réponds spontanément : la liberté. Ah! « Liberté, quand tu nous tiens… ». Cette expression est inspirée de celle popularisée par Jean de La Fontaine « Amour, amour, quand tu nous tiens ». Il n’est donc pas étonnant que l’on associe la liberté à l’amour. Tant l'un  que l’autre sont liés à l’engagement face à un besoin fondamental.  Qui de mieux qu’une personne détenue pour évoquer cet amalgame? J’ai récemment capté à la télévision une dame qui sortait de prison. À la question « Qu’est-ce que l’amour? », elle répondit qu’elle le retrouvait  « dans le premier regard de la première personne qui te regarde comme une personne libre ». Voilà une définition bouleversante. Pourtant tout n’est pas dit. La liberté peut signifier tant de choses à la fois. Est-ce quelque chose que l’on reçoit ou que l’on conquiert? Pour James Baldwin, « la lib...

L'apprentissage...encore

L’APPRENTISSAGE…ENCORE Ma dernière chronique, qui traitait de  l’apprentissage, m’a permis de renouer avec un univers dans lequel j’ai évolué pendant près de 40. Cela m’a fait du bien. C’est donc dans la continuité de ce texte que je me permets d'aborder aujourd’hui l'éducation des adultes, ou andragogie.  Enseigner aux adultes m'a d'abord et avant tout fait apprendre. Car, oui, il n’y a pas de meilleure façon d’apprendre que d’enseigner. Cette carrière m’a également fait vivre des expériences marquantes, de rencontrer des personnes inspirantes et de voyager dans des lieux aussi éloignés que l’Afrique et le Brésil. Plus qu’un métier, ce fut une école de vie. Je me permets donc de reprendre, pour un instant, mon rôle de professeur (parce que oui, quand on enseigne on joue un rôle) afin de proposer quelques définitions. L’éducation des adultes désigne l’ensemble des processus d’apprentissage, formels ou informels, destinés aux personnes ayant dépassé l’âge de la scolarité...