Nostalgie

NOSTALGIE


Dans mon temps...C’était mieux autrefois…Le bon vieux temps…Nostalgie quand tu nous tiens. Était-ce vraiment mieux avant? Ou est-ce que le passé a tout simplement une forte emprise sur nous? Les souvenirs exercent un certain pouvoir. Ils nous rendent parfois heureux et par instants ils appellent au regret. En s’attachant excessivement ou en idéalisant trop nos souvenirs, on peut ressentir de la tristesse et des regrets face au passé. Il demeure qu'ils comportent certains bienfaits puisqu’ils provoquent des émotions positives. Mais la nostalgie peut aussi faire mal quand elle devient de la mélancolie. Victor Hugo disait que la “ mélancolie c’est la nostalgie de la tristesse, c’est le bonheur des tristes ”.


Il n’y a pas si longtemps, 30 ou 40 ans à peine, j’aurais produit cette chronique à la main ou sur le clavier d’une machine à écrire. Pour les besoins de la cause, ou peut-être par nostalgie, je reprends le papier et la plume, avec l’aide du bon vieux dictionnaire, pour rédiger mon texte. D’ailleurs, ça tombe bien puisque mon fils et sa conjointe m'ont offert en cadeau l’été dernier un magnifique stylo dont l’encre se dépose divinement bien sur le papier. Naturellement, mon script, une fois terminé,  sera transféré en mode numérique afin de vous le partager. 


Dans mon temps, aller au McDonald ou au KFC c’était, comme on disait, une “ traite ” (treat) . À la maison, du bon poulet, frit dans la graisse Crisco, se retrouvait dans l'assiette. Pour me désaltérer, je buvais un grand verre de Kool-Aid dans lequel une quantité industrielle de sucre avait été ajoutée. Le gras trans et le sucre, c'était simplement du bonheur. L’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et autres problèmes connexes ne faisaient pas partie du rituel des repas. C’était avant les allergies et les intolérances alimentaires. C’était avant que se sustenter rimait avec se culpabiliser.


Dans mon temps, pour communiquer, nous n’avions qu’à sortir dehors pour rencontrer voisins et amis.  Les technologies de communication se résumaient au téléphone. Je fais même partie de la génération des lignes communes. L’époque des commères qui s‘en donnaient à cœur joie en écoutant les conversations des voisins. Si l’appel se faisait à l’extérieur, un 10 cents dans le téléphone payant suffisait pour rendre la communication possible. Pour dénicher un numéro, il s’agissait de consulter le bottin téléphonique, pages blanches ou jaunes. Les appels interurbains coûtaient une fortune, on se rabattait donc sur la correspondance par la poste. C’était avant les téléphones intelligents, les tablettes numériques, Facebook, FaceTime, Instagram et WhatsApp de ce monde. 


Dans mon temps, l’ennui était une condition au divertissement. En trouvant le temps long, on se créait un monde imaginaire dans lequel la créativité s’éveillait.  Combien d’heures j'ai passé à consulter le catalogue de Noël Sears en m’appropriant par l’imaginaire quantité de cadeaux inaccessibles. J’ai souvenance de sacs remplis de petites autos en plastique que ma mère m’avait achetées et avec lesquelles je m’inventais un réseau d’autoroute dans un carré de terre devant la maison. J’ai en mémoire une épée que mon père m’avait façonnée et qui m’avait permis de devenir d'Artagnan, preux mousquetaire marqué par des combats épiques et des intrigues politiques. En fait, ce que je combattais c’était des branches d’arbres pour défendre le roi. Tout le temps que j’ai passé sur mon vélo Mustang, avec siège banane, sans casque, roulant toute la journée sans me préoccuper des pistes cyclables. Je m'inventais alors la liberté. C’était avant que les parents s’inquiètent du temps et de l’espace des enfants à l’extérieur de la maison. C’était aussi avant la logique de performance dans laquelle s’installe la surstimulation des enfants. Et c’était avant la FOMO (Fear Of Missing Out) qui est la peur de manquer des expériences intéressantes ou enrichissantes que les autres vivent. 


Est-ce que c’était mieux avant que maintenant? Sur certains aspects du passé, certainement pas. Suis-je nostalgique du passé? Pas tant, mais mes souvenirs démontrent que la nostalgie est un sentiment profondément humain. Le débat entre hier et aujourd'hui en est un qui peut s’éterniser, mais il faut tout de même avoir foi en l’humanité et son évolution. En passant, mon retour au papier et au stylo s’est bien passé. J’ai même apprécié. Ça m’a permis de ramener à mon esprit l’expérience de l’écriture manuscrite. Je pense même que d’un point de vue cognitif, cela m’a stimulé en plus de faciliter le traitement et le transfert de l’information. Mais je laisse aux psychopédagogues le soin de  théoriser là-dessus. En conclusion, je ne sais toujours pas si c’était mieux avant. Ce que je sais par contre, c’est que c’est mieux maintenant, parce que dans 40 ans nous dirons d’aujourd’hui, que c’était le bon temps. 





Commentaires

  1. Je suis content que tu as utilisé ton stylo pour rédiger ton article!

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  2. Ma nostalgie… un patron amical, qui nous faisait confiance et nous soutenait. Un patron humain et social, capable de s’amuser, de rire et de profiter du bon temps. ­; )

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  3. Le travail d’un patron se résume essentiellement à créer des conditions pour que les employés puissent faire leur travail. Quand ces employés sont compétents, sociables, créatifs et qu’ils démontrent du leadership, alors c’est facile d’être un bon patron.

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