Mon unicité
MON UNICITÉ
Au début de sa carrière, quelqu’un compara Céline Dion à Barbara Streisand. Malgré la très grande notoriété de Streisand, René Angélil signifia son désaccord face à cette comparaison en pointant du doigt la singularité du talent de sa protégée en ce sens que, dans son genre, elle était unique. L’histoire lui donna raison et on connaît la suite par rapport à la popularité de Céline. Loin de moi l’idée de me comparer avec Céline Dion, mais j’ai tendance à être d’accord avec M. Angélil face à la comparaison d’un individu par rapport à un autre. C’est ce qui m’amène aujourd’hui à exprimer haut et fort mon unicité.
Lorsqu’on se compare aux autres, on se réfère nécessairement à une norme. Mais qu’est-ce donc qu’être normal? J’ai beaucoup de difficultés avec cet adjectif. C’est quoi la normalité? Normal par rapport à quoi, normal par rapport à qui? On définit “ normal ” comme “ ce qui est conforme à une moyenne considérée comme une norme ”. Et on définit “ norme ” comme “ un état habituel, conforme à la majorité des cas ”. Il y a une très grande part de subjectivité dans ces formulations parce qu’après tout il ne s'agit que de points de vue depuis la perspective d’un ou plusieurs individus.
Bien sûr, les normes jouent un rôle sur le plan social. Elles permettent une certaine cohésion et assurent une certaine stabilité dans les interactions humaines. Toutefois, se comparer en fonction de la majorité comporte des effets pervers. Vouloir se fondre dans un groupe se fait souvent au détriment de sa singularité. Dire qu’on est comme les autres peut s'avérer un frein à l’épanouissement parce que l’envie de rester normal brime les opinions et les passions. Être original favorise l’envie de se dépasser.
Si Charles Darwin avait décidé d’être “ normal ”, les croyances religieuses et morales de son temps n’auraient jamais été bouleversées par sa théorie de l'évolution. Albert Einstein n’aurait pas rompu avec la physique classique en proposant la théorie de la relativité s’il avait décidé d’être “ normal ”. En brisant le plafond de verre d’un milieu scientifique dominé par les hommes, Marie Curie ne serait pas devenue la première femme à recevoir un prix Nobel si elle avait décidé d’être “ normale ”. Le cubisme et l'expressionnisme n'auraient jamais bouleversé les codes artistiques si Picasso et Monet avaient décidé d’être “ normaux ”. Nelson Mandela n’aurait pas lutté contre l’apartheid s’il avait décidé d’être “ normal ”. Le droit à l’éducation pour les filles n’aurait pas été défendu dans certaines régions du Pakistan si Malala Yousafzai avait décidé d’être “ normale ”.
Le projet d’une vie n’est pas de devenir un Einstein, une Marie Curie ou un Monet. D'ailleurs, cela reviendrait à se comparer à ces illustres personnages. La preuve est faite que les comparaisons nous empêchent souvent d’apprécier nos réussites personnelles. Alors plutôt que d’entrer dans le moule, assumons nos passions, nos opinions et surtout notre originalité. Restons fidèles à nous-mêmes et, sans devenir une “ Céline Dion ”, préservons notre authenticité.
On ne peut pas comparer des pommes et des oranges.
RépondreSupprimerOui, la seule chose qu’elles ont en commun, ce sont des fruits. Tout comme deux personnes qui se comparent, elles sont toutes deux des humains.
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