Liberté, quand tu nous tiens

LIBERTÉ, QUAND TU NOUS TIENS


Lorsqu’on me demande ce que j’apprécie le plus depuis que je suis à la retraite, je réponds spontanément : la liberté. Ah! « Liberté, quand tu nous tiens… ». Cette expression est inspirée de celle popularisée par Jean de La Fontaine «Amour, amour, quand tu nous tiens ». Il n’est donc pas étonnant que l’on associe la liberté à l’amour. Tant l'un  que l’autre sont liés à l’engagement face à un besoin fondamental. 


Qui de mieux qu’une personne détenue pour évoquer cet amalgame? J’ai récemment capté à la télévision une dame qui sortait de prison. À la question « Qu’est-ce que l’amour? », elle répondit qu’elle le retrouvait  « dans le premier regard de la première personne qui te regarde comme une personne libre ». Voilà une définition bouleversante.


Pourtant tout n’est pas dit. La liberté peut signifier tant de choses à la fois. Est-ce quelque chose que l’on reçoit ou que l’on conquiert? Pour James Baldwin, « la liberté n’est pas quelque chose que l’on peut donner, la liberté est quelque chose que les gens prennent ». Jean-Paul Sartre la définit comme « ce que tu fais de ce qu’on t’a fait ». Dit simplement, l’auteur Alexandre Jardin affirme : « On n’a jamais que la liberté qu’on se donne ».


D’accord, on se donne la liberté, mais sous quelles formes? Distinguons d’abord les libertés extérieures de celles intérieures. Les premières sont juridique, politique et physique tandis que les secondes sont plutôt de nature morale, psychologique et spirituelle. Ce sont ces dernières qui m’interpellent le plus. Pour Immanuel Kant, nous sommes véritablement libres lorsque nous agissons moralement. La liberté psychologique suppose de se libérer de ses peurs et de ses dépendances. Quant à la liberté spirituelle, qu’elle soit religieuse ou non, elle ouvre un espace de paix intérieure.


Moi qui revendique d’être libre, le suis-je vraiment? Peut-on l’être totalement? En fait, je ne crois pas avoir accédé à la liberté, mais plutôt à ma liberté. J’ai l’impression de vivre présentement un certain détachement face aux vicissitudes du quotidien. Ce recul m’accorde une certaine liberté de choix, une liberté d’expression : décider, puis manifester ce que j’ai choisi. 


Bien que je sois privilégié d’être si «  libre », d’autres n’ont pas cette chance. Nous vivons dans un monde où malheureusement la contrainte, même l’asservissement, sont le lot de trop de personnes. Et pourquoi au fait? Parce qu’une poignée de décideurs en ont décidé ainsi. Victor Hugo écrivait « La liberté commence, là où l’ignorance finit ». 


Puissions-nous cultiver cette intelligence de la liberté et, bien sûr, celle de l’amour. 






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