La résistance par la joie

RÉSISTANCE PAR LA JOIE


Alors que nous subissons une surenchère de mauvaises nouvelles, que nous souffrons d’un président orange comme symptôme d’une société décadente et que des conflits mondiaux se multiplient et s'éternisent, quoi de mieux que la “ résistance par la joie ” pour reprendre la rédaction de mes chroniques. Pour ce faire, je m’inscris ici dans la pensée philosophique de Spinoza qui présente une éthique de la joie :  “ La joie est la force motrice de l’éthique, parce qu’elle transforme en êtres actifs tous les individus qu’elle touche. La joie fait tourner les rouages de la grande horloge de la vie morale.  Chaque joie est un gain, et un gain est un gain, si petit soit-il ”. 


D’aucuns pourraient critiquer ma position ou la considérer comme creuse et déplacée à la lumière des défis du jour. N’allez pas croire qu’il s’agit pour moi d’un aveuglement ou d’une forme d’insouciance envers les enjeux cruciaux de notre planète malade. Non, ce que je veux afficher c’est une posture mentale qui n’a rien à voir avec une pensée magique. La joie est énergisante, elle facilite le changement et elle permet de résister à l’oppression. Oui, je résiste mais je résiste dans la lucidité en ne cédant pas à la violence et à la perversité par la haine, à la colère et à la vengeance. Parce que si je cède, l’inhumanité des barbares aura gagné.


La joie n’use pas de la même façon que la colère. Opposer une logique de la joie à une logique de l’affliction fait sortir le meilleur de nous-mêmes. Créer un geste par la beauté peut rendre la vie meilleure. Cela incite à la créativité en plus de nous inspirer à être dans l’action et à renforcer nos liens pour mieux agir ensemble. Cela ne requiert pas un chantier  grandiose. 

Comme le dit si bien Frédéric Lenoir, “ Créer un climat favorable, un état d’esprit pour permettre à la joie d’émerger. Par exemple, être attentif à tous les petits plaisirs que procure la vie, être présent à ce que l’on fait. Développer des qualités de présence aux autres ”. 


C’est ce que je me propose de faire en ce matin ensoleillé.  Je conclus cette chronique en allant prendre un café sur ma terrasse extérieure. Ma seule ambition est de voir le beau dans le modeste espace floral que j’y ai emménagé et de penser à ce que je pourrais faire aujourd'hui pour créer le bien, parce qu'après tout, “ Chaque joie est un gain, et un gain est un gain, si petit soit-il ”.   Donnez une chance à la beauté, et pourquoi pas à la joie?



Commentaires

  1. En parlant de joie, c’est un plaisir de recommencer à relire tes chroniques hebdomadaires.

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  2. Merci. C’est aussi une joie pour moi de savoir que tu me lis

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  3. Allô ! Quel beau texte… Moi aussi j’aime la joie, le bonheur et les choses pas trop compliquées. Je crois que c’est la recette parfaite pour vivre heureux. Ma sœur et moi, on dit toujours qu’on a hérité du «gène du bonheur». Notre papa était un homme rayonnant, souriant, avec une étincelle dans les yeux... il connaissait «la recette». Belle semaine !!

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    1. Merci pour tes bons mots. Content de constater que tu as apprécié mon texte. J’aurais bien aimé rencontrer ton père. On aurait pu l’inviter à nos rencontres des petits-déjeuners. Je suis convaincu que l’écouter aurait été intéressant.

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  4. Bonjour Jean-Jacques,
    Très beau texte qui me rejoint pleinement. Merci de prendre le temps de partager ta plume.
    Passe une belle semaine, Joanne

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    1. Bonjour Joanne,
      Quelle belle surprise de te lire. Merci pour les bons mots que tu exprimes dans ton commentaire. Je te souhaite également une très belle semaine.

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