Le respect
LE RESPECT
Cette chronique s’inscrit dans la précédente qui traitait de l’âgisme. Parlons donc du respect. Je suis d’un naturel plutôt patient. Ma tolérance atteint cependant sa limite lorsque, par exemple au cinéma ou au théâtre, des gens autour de moi discutent ou commentent entre eux à voix haute du film ou de la représentation. Je prends alors la liberté de signaler à ces personnes qu’elles ne sont pas dans leur salon et que leur discussion me dérange. Si elles n‘obtempèrent pas, alors je me résigne, mais une fois la représentation terminée, parfois, je leur signifie que leur comportement est un manque total de respect. Je n’ai pas non plus d’indulgence envers des personnes qui se permettent de passer devant les autres dans une file d’attente. Là encore, je me permets de leur signaler que leur place est à la queue de la file.
Ces exemples, bien que futiles, sont symboliques de l’essence même du respect. Pour comprendre le respect, il faut le considérer comme un vecteur de vivre en société. Sa base repose sur la reconnaissance de la valeur intrinsèque de chaque individu ainsi que de ses droits. Le respect se manifeste à la fois par un sentiment, par une attitude qui nous porte à considérer une personne avec égard. Cette manifestation se situe au-delà des êtres vivants puisque nous avons également une obligation morale envers l’ensemble des écosystèmes qui composent notre environnement.
Bien que nous ayons l’obligation de respecter l’autre nous n’avons pas celle de l’aimer, de l’approuver ou d’être d’accord avec lui. Mais c’est dans la façon dont on exprime ce désaccord que se manifeste ce bien-vivre en société. Débattre de ses opinions, exercer son esprit critique est bénéfique pour prendre des décisions et se forger une opinion fondée sur des faits. Mais voilà où le bât blesse. Plus souvent qu’autrement, le cœur du problème est justement dans l’absence de faits, ou pire encore de renseignements erronés (fake news), que se fonde l’argumentaire d’un désaccord. Malheureusement, les exemples de manque de respect et leurs conséquences sont trop nombreux pour en faire ici une énumération exhaustive. La montée de l’extrême droite et le manque de respect envers l’environnement et les institutions en sont des cas de figure probants. Et pour répandre la haine, la xénophobie, l’intimidation et la violence inhérente à l’incivilité, il existe maintenant un gigantesque haut-parleur des temps modernes que l’on désigne comme “ réseaux sociaux ”.
Le problème est universel et sociétal. Comment faire face à cette montée de l’intolérance et de la mésestime envers autrui? Le respect commence par soi-même, ensuite vient le respect des autres. L’affirmation de soi est essentielle dans la nécessité de comprendre l’autre et de faire preuve d’empathie à son égard. Écouter les autres d'accord, mais d’abord et avant tout s’écouter. Le respect ouvre la voie au dialogue mais cela n’empêche pas de prendre position, d’exprimer ses émotions et de fixer ses limites. Alors individuellement que faire? Personnellement, je peux me tenir debout et m’indigner devant des personnes irrespectueuses. Je peux aussi tenter d’ouvrir la voie au dialogue dans l’amélioration du quotidien. Je peux même rédiger un article sur le sujet dans mon blogue.
Très bel article sur le respect. Je pense aussi que signaler à quelqu’un son comportement fait bénéficier tout le monde.
RépondreSupprimerD’accord avec toi que demander le respect à un effet d’entraînement.
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