La curiosité
LA CURIOSITÉ
J’ai un ami qui carbure à la curiosité. Tellement, que ça me pousse aujourd’hui à explorer ce phénomène. Donc, comme point de départ, je m’interroge à savoir c’est quoi la “ curiosité ”? Le mot vient du latin curiositas, qui signifie “ désir de connaître ” et est lié à cura “ soin”, “ souci ”. En philosophie, c’est le désir de connaître le pourquoi et le comment des choses. Stéphane Jacob, dans La curiosité - Éthologie et psychologie, avance qu’ “ Être curieux, c’est rester en mouvement, varier les chemins, rechercher ce qui diffère du déjà connu, et cela se fait par volonté mais aussi par penchant naturel ”. La parabole du Dr. Jekyll et Mr. Hyde est une symbolique qui représente assez bien la curiosité avec ses deux facettes bien distinctes; l'une bonne et l’autre moins.
D’un côté, la curiosité peut être mal perçue parce qu’elle a tendance à déranger. On la qualifie alors de vilain défaut parce qu’elle tend vers l'indiscrétion. Se montrer indiscret c’est surtout chercher à connaître ce qui ne nous regarde pas. Être trop curieux peut conduire à envahir la vie privée d’autrui. Poser des questions implique que l’on désire recevoir des réponses qui peuvent également être embarrassantes par leur teneur ou parce que l’on ne maîtrise pas le sujet. Être trop intrusif peut détourner notre attention de tâches et de responsabilités; ce qui a pour conséquence de conduire à de l’incertitude, voire à l’anxiété.
Dans une autre perspective, la curiosité a pour fonction d'attirer et mobiliser notre attention. On lui attribue des bénéfices importants lorsqu’elle s’applique à l’intellect d’une personne qui veut apprendre. On dit de la curiosité qu’elle permet de connaître et de comprendre. À mon avis, elle est plus méritoire lorsqu’elle dépasse la dimension de la connaissance qui est de repérer de l'information pour s’étendre à la compréhension qui implique de saisir des significations. En effet, on comprend mieux un événement ou une situation lorsqu’on lui donne un sens. D’un point de vue sociétal, la curiosité contribue à l’avancement scientifique et économique puisqu’elle incite les chercheurs à comprendre et à expliquer des problèmes afin d’en apporter des solutions.
L'énergie investie dans la curiosité doit donc servir à quelque chose. Comme le soulève Stéphane Jacob, la curiosité peut s’articuler par un penchant naturel et ainsi mener à l’érudition ou par volonté scientifique pour le développement, l’adaptation et la survie des individus. Mon ami a-t-il raison d’être curieux? Sans doute que oui. Je vous rassure. Il est du côté du Dr. Jekyll. Sa curiosité lui sert à assouvir sa soif de connaissances et c’est d'ailleurs ce qui le garde jeune puisque la curiosité n’a pas d’âge et qu’elle se développe tout au long de la vie. D’ailleurs, d’après le neurologue Kirk R. Daffner, un des grands bénéfices de la curiosité est qu’elle contribue à agir contre le déclin cognitif lié au vieillissement. Mon ami est-il indiscret? Peut-être un peu. Mais qui peut se qualifier d’être parfait. En plus, son petit côté fureteur contribue à son charme.
Et moi, j’étais curieux de lire ton article.
RépondreSupprimerEt moi de lire ton commentaire
RépondreSupprimerMoi aussi, j’ai un ami curieux ! Et j’avoue que je suis également très curieuse ;) … Être curieuse ouvre souvent la porte à de belles conversations.
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