Me faufiler chez les Gen Z et les Alpha

ME FAUFILER CHEZ LES GEN Z ET LES ALPHA


Je suis de la génération des Baby-Boomers. De celles et de ceux qui sont nés après la Seconde Guerre mondiale, soit de 1946 à 1964. Nous avons grandi, pour la plupart, durant une période de prospérité et d’optimisme. Pour le Québec, ce fut la révolution tranquille, tandis qu’au Nouveau-Brunswick, le programme Chance égale a permis aux Acadiennes et aux Acadiens de bénéficier de réformes sociales sans précédent. Cette époque fut marquée par de grands changements sociaux tels que la montée du mouvement féministe, l’écologie naissante et l’apparition des droits civiques. Le travail, la stabilité, la loyauté et la sécurité financière sont à bien des égards des valeurs qui ont su guider nos actions. 


Quatre générations me suivent. D’abord la génération X, née entre 1965 et 1980 et la génération Y, connue aussi comme les Milléniaux, née entre 1981 à 1996. Je connais assez bien ces deux tranches générationnelles pour les avoir côtoyées tant sur le plan personnel que professionnel. Suivent les Gen Z, nées entre 1997 et 2012, ainsi que de la génération Alpha, née à partir du début des années 2010 jusqu’au milieu des années 2020. Je dois avouer mon ignorance face aux spécificités de ces générations. Pas par manque d'intérêt, mais plutôt parce que j’ai peu de contact avec elles. C’est ce qui me motive à accroître mes connaissances et ma compréhension sur ce qui caractérise ces “ jeunes ”. Sans tomber dans les clichés et les généralisations, je tiens à dire que trop peu de mots me serviront à les décrire. J’en saurai toutefois un peu plus, ne serait-ce que sur le plan théorique, sur ce qui me différencie d’eux et surtout sur ce qui m’en rapproche. 


D’entrée de jeux, je m'inscris en faux contre les mythes des générations Z et Alpha à savoir que ces jeunes sont paresseux et sans ambition, accros aux écrans et incapables d'interactions humaines. J’en prends pour cas de figure une expérience personnelle que j‘ai vécue récemment dans un petit restaurant de quartier. Le personnel de cet établissement était exclusivement composé de jeunes employés, et là je parle de très jeunes, soit moins de 20 ans. J’ai été fortement impressionné par leur engagement à m’offrir un service de qualité. C’est donc à dire que l’éthique au travail n’a pas vraiment d’âge. Mais bon. Encore une fois, je ne veux pas généraliser et je suis réaliste en avançant que la génération Z ne partage sans doute pas toute la même éthique de travail. Mais ce dont j’ai été témoin dans ce restaurant m’a fortement impressionné.


Revenons à mon questionnement à savoir quelles valeurs et quels comportements les Boomers partagent avec les Z et les Alpha? Le premier point commun est notre capacité d’adaptation au changement sans nécessairement partager les mêmes défis. Du côté des Boomers, nous avons réussi à nous adapter à  un contexte d’innovations majeur, soit le passage d’un monde industriel à un monde numérique. Les Z et les Alpha ont été  plongés dans la révolution numérique et l’intelligence artificielle avec l’aisance qu’on leur connaît.  Nous avons voulu, tout comme eux, changer le monde à notre manière. Notre militantisme est différent, mais pas notre volonté à avoir un impact sur ce qui nous entoure. Pour les Boomers, ce fut la lutte pour les droits civiques et l’égalité des sexes tandis que pour les Z et les Alpha c’est la revendication pour l'inclusion, les causes climatiques et la justice sociale. Nous partageons également un besoin d'expression personnelle. Nous, en descendant dans la rue pour revendiquer notre liberté d’expression; eux, en affirmant leur identité et leurs opinions par les réseaux sociaux. 


Tout n’est pas que rapprochement, il y a aussi des différences. La première qui me saute aux yeux est notre rapport au travail. Ma génération pouvait s’offrir le luxe d’un emploi à long terme, voire des carrières à vie. Pour nous, le travail était souvent synonyme de réussite sociale avec pour priorité la stabilité et la sécurité financière.  Plutôt que de valoriser le matériel, les plus jeunes se tournent vers le relationnel et la flexibilité. Je leur envie presque la recherche d’emplois porteurs de sens et de privilégier l’équilibre vie-travail. Et oui, alors que nous vivions pour travailler, eux ils travaillent pour vivre. On ne peut naturellement pas écarter nos rapports à la technologie. On peut dire de celle-ci que nous l’avons vue naître, alors que les Z et les Alpha sont nés dedans. Notre vision du monde se distingue par le fait que nous avons grandi dans l’optimisme avec comme exemples l’exploration spatiale, la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union soviétique tandis que la jeune génération fait face à la dure réalité de l’incertitude caractérisée par les crises géopolitiques, le climat et les inégalités sociales. Enfin, alors que nous étions attachés aux institutions et que nous faisions parfois trop confiance à l’autorité, les Z et Alpha remettent tout en question et exigent la transparence. 


J’en ai encore beaucoup à apprendre mais j’en sais un peu plus sur les Gen Z et les Alpha. Ce que je retiens, c’est que la jeune génération a osé s’octroyer la liberté. C’est peut-être ce que je leur envie le plus. Oser et liberté; un verbe et un nom qui sont lourds de sens et qui nous   différencient de part et d'autre. Mon souhait, c’est que nous leur laissions en héritage autres choses que des problèmes tels que la pression sur les systèmes de santé, un marché du travail plus difficile et une dégradation de l’environnement. Pour mieux se connaître et mieux se comprendre, il suffit peut-être de créer des espaces de partage, virtuels ou sur place, dans lesquels nous pourrons réellement échanger. Pourquoi pas mon restaurant de quartier? 



Commentaires

  1. Pour ma part, je connais assez bien ces générations. Car je les côtoies sur une base quotidienne.

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    1. Cette génération est proche de la tienne et tu la connais beaucoup mieux que moi.

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