Où sont passées les années '90

OÙ SONT PASSÉES LES ANNÉES ‘90


Il y eut le 11 septembre et ce fut la fin. La fin d’une époque, la fin d’une décennie que je considère comme la meilleure de ma vie d’adulte, celle de ma trentaine qui correspond aux années 1990. C’est sans doute la raison pour laquelle j’apprécie tellement cette tranche d’âge. Un âge dont les vingtenaires se méfient, dont les trentenaires ne savent pas encore apprécier la juste valeur et duquel ceux qui ont dépassé 30 ans s’en ennuient. Ma trentaine m’a offert la stabilité sur le plan personnel et une plus grande confiance en moi. C’était le temps des possibles, de l’optimisme et des expériences communes. On croyait peut-être naïvement à la paix, mais on y croyait et on écoutait Jean Leloup chanter En 1990. 


Les années ‘90 correspondent à une période de paix. Je fus le spectateur de la chute du mur de Berlin et du démantèlement du bloc soviétique. Nous vivions une époque de stabilité entre les grandes puissances avec une impression d’optimisme géopolitique. C’était bien avant la polarisation politique, à une époque où l’on pouvait encore vraiment discuter. Les États-Uniens étaient nos amis et ma connaissance de Donald Trump se limitait à une apparition de quelques secondes au film Home Alone.


1990 : un temps où nous pouvions encore vivre ensemble simplement, et où un film comme Home Alone suffisait à nous divertir collectivement. C’était une époque où les arts et la culture pouvaient encore revendiquer créativité et liberté, bien avant l’autocensure qui domine aujourd’hui. Dany Laferrière pouvait alors publier un livre intitulé Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer sans craindre d’être “ cancellé ”. La société actuelle est plus exigeante, plus polarisée et surtout plus émotionnelle. La peur de la réaction publique et des représailles sur les réseaux sociaux est telle que nos artistes hésitent désormais à prendre des risques. 


La paix, la liberté, la créativité, d’accord. Mais ce qui m’a le plus comblé, c’est d’avoir vu mes enfants grandir et passer de l’enfance à l’adolescence. J’ose dire, j'espère avec leur accord, que les années 1990 offraient un terrain idéal pour jouer dehors librement, spontanément, entourés d’amis. Leurs relations étaient simples, avant tout vécues en personne. Mes enfants n'étaient pas des analphabètes de la technologie, mais ils n’étaient pas immergés dans une technologie envahissante. Ils n’avaient pas à subir le stress d’être constamment “ connectés ”. Et surtout, nos divertissements rassemblaient : ils parlaient un langage commun que nous partagions tous. 


Les années 1990 me manquent. Tout me paraissait plus simple, moins lourd à porter. La culture populaire, la spontanéité des interactions sociales - tout cela me manque. Certes, nous n'avions ni information en continu, ni réseaux sociaux, ni intelligence artificielle. Mais, au fond, le prix à payer aujourd’hui en vaut-il la peine? Cette surcharge mentale, ces sollicitations constantes, sont-elles réellement un progrès? Nous étions peut-être plus patients, plus présents les uns pour les autres. Nous sommes devenus hyperconnectés technologiquement, mais tellement moins humainement. Et nous n’écoutons plus Jean Leloup chanter Hier soir, DJ a sauvé mon âme avec cette chanson


Commentaires

  1. Je confirme, les années 1990 offraient un terrain pour jouer dehors entourés d’amis.

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    1. Et l’imagination était votre meilleur jouet.

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    2. Les années 90 ... si je ne me trompe pas... ma rencontre avec toi comme professeur en andragogie 🥰

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  2. T’avoir rencontré confirme que c’était vraiment une bonne décennie.

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