De la salle de classe au bureau
DE LA SALLE DE CLASSE AU BUREAU
Dans ma carrière, deux fonctions, pour ne pas dire deux passions, ont occupé mon espace professionnel: l’enseignement et la gestion. Toutes deux m'ont apporté leur part de défis et de déceptions, mais aussi leur lot de satisfactions, voire de véritables gratifications.
Lorsque j’enseignais, j’avais l’habitude de dire que mon rôle consistait essentiellement à créer des conditions propices à l’apprentissage. De façon parallèle, en tant que gestionnaire, je soutenais qu’il m’incombait de créer un environnement facilitant l'exécution des tâches de mes employés. Autrement dit, les fonctions de la gestion, soit la planification, l’organisation, la direction et le contrôle, trouvent un écho dans celles de l’enseignement.
Commençons par la planification. Il s’agit d’une étape fondamentale, puisqu’elle consiste à définir les objectifs à atteindre. Ceux-ci doivent être mesurables, réalistes, atteignables et, surtout, partagés par les personnes concernées. À mon avis, leur efficacité repose sur leur alignement avec la mission et les valeurs de l’organisation. De la même manière, en éducation, les objectifs doivent s’inscrire dans un programme d’études lui-même rattaché au mandat de l’établissement. En somme, établir des objectifs, c'est tracer la voie : ils orientent à la fois l’apprentissage et le travail à accomplir.
Une fois les objectifs établis, encore faut-il structurer les moyens pour les atteindre. Il faut donc s’organiser. Cette étape consiste à répartir les activités en tâches, à coordonner les efforts individuels et collectifs, et à allouer les ressources nécessaires. Organiser, c’est aussi définir les modes de communication et de coordination. En éducation, cela se traduit par le choix de méthodes et de techniques ainsi que de stratégies pédagogiques cohérentes avec les objectifs visés.
Un vieil adage affirme qu’on peut amener un cheval à la fontaine, mais qu’on ne peut pas le forcer à boire. Cela est tout aussi vrai pour un employé que pour un étudiant. J'adhère à l’idée que la motivation intrinsèque est plus puissante que celle fondée sur la récompense ou la contrainte. La théorie de la carotte et du bâton, très peu pour moi. Donner du sens, instaurer un climat positif, valoriser l’effort : voilà autant de leviers qui caractérisent un véritable leadership, en entreprise comme en salle de classe.
J’ai déjà entendu des enseignants affirmer qu’il était impossible pour leurs étudiants d’atteindre la note de 100 %. Si tel est le cas, ne faut-il pas s’interroger sur leurs moyens d’enseignement ou sur leurs instruments d'évaluation? Lorsque les objectifs sont clairement définis, les processus qui suivent devraient toujours être orientés vers leur pleine atteinte. Je ne prétends pas que 100 % doive être la norme, mais affirmer qu’il est inatteignable revient, en quelque sorte, à reconnaître les limites de notre propre enseignement. Cette réflexion vaut tout autant pour l’entreprise : des objectifs bien définis doivent être atteignables, sans quoi leur pertinence même est remise en question.
Et si, au fond, enseigner et gérer relevaient d’une même posture : celle de facilitateur? Avec le recul, je constate que, tout au long de ma carrière, j’ai cherché à accompagner autant mes étudiants que mes employés dans l’atteinte de leurs objectifs. Les aider à mieux communiquer, à mieux s’organiser, à donner un sens à leurs actions. Pour moi, le processus a toujours été plus important que le résultat. Amener chacun à prendre conscience de sa progression et à s’auto-évaluer ont toujours été une préoccupation constante. En somme, favoriser la capacité à réfléchir par soi-même. Comme je l’écrivais déjà il y a plusieurs années : apprendre à apprendre.
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