Du temps des lettres au temps des clics

DU TEMPS DES LETTRES AU TEMPS DES CLICS


Je fais partie de la génération qui peut témoigner de l’ère numérique qui a tué la correspondance. J’ai parfois la nostalgie des échanges épistolaires. Je pense à l'époque où j'entreprenais une correspondance qui me mettais dans l’expectative de recevoir du courrier. Le temps où je guettais le facteur dans l’espoir qu’il dépose une lettre dans la boîte aux lettres. J’ai connu le téléphone à cadran, les notes manuscrites, les encyclopédies…puis vinrent l'Internet, les moteurs de recherche et plus récemment, l’intelligence artificielle. Avons-nous simplement changé d’outils de communication ou est-ce notre rapport au monde qui s’est transformé?


Une chose est certaine, notre rythme de vie a radicalement changé. À mon avis, l’époque  d’avant le numérique nous permettait d’aller davantage en profondeur dans notre recherche d’information. Nous avions le luxe d’avoir le temps d’approfondir des questions et de vérifier l’information à partir de plusieurs sources. Les rencontres en personne étaient la norme et se faisaient à heure fixe. Nous vivions avec une certaine lenteur, mais cette lenteur favorisait des projets mûris ensemble, porteurs de synergie et de développement. Mais ce que nous avons peut-être perdu en profondeur, ne l'avons-nous pas gagné en accessibilité?


Bien que l’instantanéité et la surabondance de l’information se sont insérées dans nos vies, j’ai la profonde conviction que nous sommes nettement gagnants du point de vue de la démocratisation du savoir. Les connaissances n’ont jamais été autant accessibles, ce qui favorise l’égalité des chances. Les liens à distance sont également facilités. J’en sais quelque chose puisque je communique fréquemment et, pour ainsi dire gratuitement, avec mes enfants qui vivent éloignés, dont un outre-mer. L’andragogue que je suis sait également apprécier tout le bénéfice qu’a apporté le virage numérique dans l’apprentissage. Le temps et l’espace ne sont dorénavant plus un frein à apprendre et cela constitue en soi une forme de démocratisation de l’acte d’apprendre et d’enseigner. 


Chaque génération affirme que c'était mieux avant. Je ne souscris pas à cette posture. Je me sens privilégié d’avoir connu les deux époques. Je ne veux cependant pas tomber dans la nostalgie du passé, ni être naïf par rapport au présent. Nous ne pourrons jamais retourner en arrière mais nous devons plutôt nous adapter au présent. L’enjeu principal est à mon avis le facteur humain dans ce monde devenu numérique. Au début des années 2000, je donnais une formation sur l’enseignement à distance qui avait pour thème “ Pour que les moyens ne deviennent pas la fin ”. Vingt-cinq ans plus tard, cette idée demeure d’une étonnante actualité et nous ramène à la même question : comment rester profondément humains dans un monde numérique?





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