Empathie, entre idéal et pratique

EMPATHIE, ENTRE IDÉAL ET PRATIQUE


Parfois, pour mieux comprendre un phénomène, il s'agit d’observer son contraire. Dans La Presse du 22 mars 2026, on rapportait que le président états-unien se réjouissait de la mort de Robert Mueller, ancien procureur spécial, en ces mots : “ Robert Mueller vient de mourir. Bien. Je suis content qu'il soit mort ”. Le premier mot qui nous vient à l'esprit pour exprimer le contraire de ce qu'on a lu est, bien entendu, l' empathie.


Mais qu’entend-on par empathie. Disons, de façon simple, qu’il s’agit de la capacité à ressentir ce que vit l’autre, tout en maintenant une distinction entre soi et lui. Une compétence à la fois émotionnelle et relationnelle, que l’on peut observer et, dans une certaine mesure, développer.


L’empathie est dans l’air du temps et, pour cause, je vous conseille la série québécoise Empathie qui a connu un très grand succès l’an dernier, ici comme à l’international, et a remporté le Prix du public au Festival Séries Mania de Lille, en France. 


Nous sommes nombreux à affirmer que le monde aurait besoin de plus d’empathie. Mais comment y parvenir concrètement? Elle se manifeste notamment par l’écoute active, la validation, les questions ouvertes et la reformulation. 


Être empathique ne veut pas dire être gentil à tout prix. C’est plutôt décentrer son attention pour mieux comprendre l’autre, avec une curiosité sincère et sans jugement, sans doute le plus exigeant.


Plus facile d’écrire sur l’empathie que de la pratiquer. La société dans laquelle nous vivons n’a jamais connu un tel clivage. Tout est noir ou tout est blanc. Le gris a disparu. Nous sommes naturellement programmés pour favoriser ceux qui nous ressemblent et nous méfier de ceux que nous percevons comme différents. Or, moins nous avons de contacts avec eux, plus la distance, et parfois la méfiance, s’installe. 


Peut-être gagnerions-nous à nous inspirer du Mahatma Gandhi qui invitait à distinguer la personne de ses actions. Ne pas combattre l’individu, mais ce que l’on juge erroné dans ses gestes ou ses idées. Encore une fois, plus facile à écrire qu’à faire. Mais ça vaut la peine d'essayer. Nous ne sommes pas tous des Gandhi et l’empathie a ses limites, et cette limite porte un nom, comme celui de Trump. 


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