L’ennui, cet allié inattendu
L’ENNUI, CET ALLIÉ INATTENDU
Si, de nos jours, il existe une “ bibitte ” à apprivoiser, c’est bien l’ennui. Bien que plusieurs cherchent à l'éviter à tout prix, personnellement, je ne le redoute pas. J’y vois même des vertus. En tombant sur un article de Marissa Groguhé publié dans La Presse + du 12 avril dernier intitulé : L’ennui à apprivoiser, j’ai eu envie de poursuivre sa réflexion.
L’autrice tente d’abord de répondre à la question “ Qu’est-ce que l’ennui? ” en s’appuyant sur le philosophe allemand Martin Heidegger (1889 - 1976). Celui-ci décrit trois types d’ennui : être ennuyé par quelque chose (faire la file à l’épicerie), s’ennuyer à quelque chose (durant un spectacle qui s’étire) et, finalement, vivre un ennui profond, où rien de précis ne nous ennuie (comme, dans son cas, des périodes d’ennui volontaire).
Tout comme Madame Groguhé, c’est le troisième type d’ennui qui m’interpelle. Faire face à sa propre vacuité. Peut-on expérimenter le vide ou être en absence de pensée? Si oui, n’est-ce pas là une occasion unique de se rencontrer, de mieux se comprendre? Se regarder en face n’est pas sans risque. Cela nous oblige à affronter des vérités inconfortables, des émotions refoulées.
Pour ma part, je ne sens pas de pression à affronter l’ennui. D’entrée de jeu, je n’y vois pas une perte de temps. Même si cela peut être inconfortable, cela me donne une occasion de faire le point; de me demander ce qui m'intéresse. Plus encore, c’est le moment tout désigné pour décider quoi, mais surtout qui j’évite. Bref, de faire le ménage.
Par ailleurs, l’ennui peut s’avérer productif puisqu’il nourrit ma créativité. Mes meilleures idées sont souvent apparues dans des situations ou des endroits dans lesquels mon esprit n’était pas bombardé de distractions comme par exemple dans ma douche ou en marchant. Il m’est déjà arrivé de “ débloquer ” un texte au comptoir des fruits et légumes d’une épicerie. J’ai même demandé au commis du commerce de me passer un stylo et du papier pour ne pas perdre mon “ illumination ”.
Plutôt que de fuir l’ennui, pourquoi ne pas s’y attarder? Marissa Groguhé y voit un moteur de comportement, une source d’apaisement. Mais le stimuli qu’on retrouve en sortant de l’ennui reste un danger. La nature humaine étant ce qu’elle est, le téléphone cellulaire est attractif au détriment d’un livre, de l’écriture, de la peinture ou du sport. Comme le dit si bien Madame Groguhé en conclusion : “ Si le fait de s’ennuyer comporte de quelconques avantages, il nous incombe d’activement les récolter ”.
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