Apprendre autrement pour agir ensemble

 APPRENDRE AUTREMENT POUR AGIR ENSEMBLE


C’est sans doute par réflexe, ou par déformation professionnelle, que j’aborde à nouveau le sujet de l’éducation. Mais pas de celle dont on parle le plus souvent. Pas celle des écoles ou des établissements d’enseignement supérieur. Non. Ce que je vous propose aujourd'hui, c’est de réfléchir à l'éducation populaire. Justement parce qu’on en parle trop peu. Et pourtant, il est possible d'apprendre dans un cadre informel. L’apprentissage peut même dépasser ce dont on apprend sur les bancs d’école. 


En termes simples, l’éducation populaire, c’est apprendre ensemble pour mieux comprendre la société et pouvoir y participer activement. Plusieurs seront peut-être surpris d’apprendre que les caisses populaires ont vu le jour en Acadie grâce à cette approche. C’est sous la forme des cercles d’études, animés par les propagandistes Martin Léger et Gilbert Finn, que la première caisse s'établit à Petit-Rocher en 1936. Et on connaît la suite. Fidèles à l’esprit de l’éducation populaire, les cercles rassemblaient des citoyens désireux de mieux comprendre leur réalité et d’agir ensemble sur leur milieu. Cette réalité était marquée par une grande pauvreté et par une domination économique qui maintenaient les Acadiens en position de dépendance. La création des caisses populaires s’est alors imposée comme une réponse concrète à cette situation. 


Ailleurs, au Brésil, l’éducation populaire a également servi de levier de transformation sociale. Paulo Freire en a fait un outil de conscientisation pour transformer l’alphabétisation en un processus de prise de conscience et de libération. Son approche, qui s’est manifestée par l’établissement des cercles de culture, a permis à des populations pauvres et analphabètes de mieux comprendre leur réalité et, surtout, d’agir pour la changer. 


L'éducation populaire est-elle encore pertinente aujourd'hui? À mon avis, plus que jamais. Les défis sociaux ne manquent pas en Acadie - assimilation linguistique, analphabétisme, influence de la culture dominante, itinérance, etc. Encourager la participation sociale, c’est favoriser une compréhension critique de ces réalités. C’est aussi se donner les moyens d’agir collectivement pour se réinventer. Après tout, apprendre autrement pour comprendre le monde n’a jamais été aussi nécessaire. 


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